Aller aux Lofoten en ferry : quelle traversée prendre ?
On n'atteint pas les Lofoten par une seule porte. Quatre traversées y mènent, et la question n'est pas laquelle est la meilleure : c'est d'où vous venez. Celle qui fait gagner six heures à qui monte de Bodø en fait perdre autant à qui descend de Tromsø.
Les quatre partagent une chose — elles sont toutes exploitées par Torghatten Nord, au barème AutoPASS, et aucune n'est saisonnière. Pour le reste elles n'ont presque rien en commun : de vingt-cinq minutes à trois heures et demie de mer, de deux à vingt-trois départs par jour.
Les quatre traversées, côte à côte
Première chose à comprendre : une seule de ces quatre lignes débarque vraiment dans les Lofoten depuis le continent. Les trois autres sont des maillons — elles raccourcissent une route qui existe déjà, ou elles relient l'archipel à ses voisines.
Ce que chacune fait vraiment
| Traversée | Temps de mer | Départs par jour | Prix voiture |
|---|---|---|---|
| Bodø – Moskenes | ≈ 3 h 30 | 10 départs/jour | à partir de 302 NOK |
| Bognes – Lødingen | ≈ 60 min | 23 départs/jour | à partir de 94 NOK |
| Melbu – Fiskebøl | ≈ 25 min | 11 départs/jour | à partir de 58 NOK |
| Svolvær – Skutvik | ≈ 2 h 30 | 2 départs/jour | à partir de 168 NOK |
Où l'on arrive, et ce qu'il reste à faire
| Traversée | On débarque | Ce que ça remplace |
|---|---|---|
| Bodø – Moskenes | Au sud des Lofoten, à Moskenes | Toute la route par l'E6 et les Vesterålen |
| Bognes – Lødingen | Sur Hinnøya, avant les Vesterålen | Un long contournement du Tysfjord par l'E6 |
| Melbu – Fiskebøl | À l'entrée nord des Lofoten | Rien — c'est le passage obligé depuis les Vesterålen |
| Svolvær – Skutvik | En plein cœur des Lofoten, à Svolvær | La descente jusqu'à Bodø quand on vient du sud |
Les quatre, une par une
Bodø – Moskenes — la vraie porte d'entrée
C'est la seule qui emmène directement du continent au cœur du sud des Lofoten, et de loin la plus empruntée : elle débarque à Moskenes, à quelques kilomètres de Reine, Hamnøy et Å — c'est-à-dire des photographies pour lesquelles les gens viennent.
Elle est aussi la plus longue et la plus chère des quatre, et c'est logique : trois heures et demie de Vestfjord, en pleine mer. C'est la seule des quatre où la réservation se fait en ligne, et ce n'est pas une formalité — en juillet, les voitures s'y réservent des semaines à l'avance.
Bognes – Lødingen — le maillon de l'E6
Celle-ci ne va pas aux Lofoten, elle y mène. C'est le bac que prend qui monte par la route : il coupe le Tysfjord et évite un contournement considérable. Avec plus de vingt départs par jour, c'est la plus fréquente des quatre — on ne la planifie pas, on se présente.
De Lødingen, il reste la traversée des Vesterålen avant d'atteindre les Lofoten par Melbu–Fiskebøl. C'est long, mais c'est la route classique du nord.
Melbu – Fiskebøl — le passage obligé depuis les Vesterålen
Vingt-cinq minutes, une douzaine de départs par jour, et aucune alternative : c'est par là qu'on entre dans les Lofoten quand on arrive des Vesterålen. Le bac le moins cher des quatre, et celui dont on se souvient le moins — ce qui est le propre d'un bon maillon.
Svolvær – Skutvik — la discrète
Deux départs par jour seulement, mais elle fait quelque chose qu'aucune autre ne fait : elle débarque en plein cœur des Lofoten, à Svolvær, sans passer ni par Bodø ni par les Vesterålen. Pour qui vient du sud par l'E6 et vise Svolvær ou Henningsvær, c'est le raccourci.
Sa rareté est sa limite : deux rotations, ça se rate. À vérifier avant de s'engager sur la route de Skutvik, qui n'est pas un détour anodin.
Le raccourci, en quatre phrases
- Vous montez de Bodø ou vous y arrivez en avion ? Bodø–Moskenes, et réservez. C'est la seule qui vous dépose là où vous alliez.
- Vous montez par l'E6 depuis le sud ? Bognes–Lødingen, puis Melbu–Fiskebøl. Deux bacs, aucune réservation, et la route la plus sûre.
- Vous visez Svolvær et vous venez du sud ? Svolvær–Skutvik vous épargne la descente jusqu'à Bodø — à condition d'attraper l'un des deux départs.
- Vous descendez de Tromsø ? Aucune de ces quatre ne part de chez vous : lisez la section suivante avant de chercher un bateau qui n'existe pas.
Et le rapide depuis Tromsø ? Il existe — la ligne 2 Tromsø–Finnsnes–Harstad, exploitée par Svipper pour le comté de Troms. Mais c'est un hurtigbåt : il ne prend aucun véhicule, et surtout il ne va pas aux Lofoten, il va à Harstad. De là, il reste toute la traversée des Vesterålen. C'est donc un excellent moyen d'atteindre le nord sans voiture, et un mauvais raccourci vers les Lofoten. Nous ne lui consacrons pas encore de fiche, faute d'avoir relevé ses horaires à la source.
Deux précautions pour finir. Les quatre lignes naviguent toute l'année, mais les fréquences se resserrent nettement hors saison — et sur Bodø–Moskenes, l'été inverse le problème : ce n'est plus l'horaire qui manque, c'est la place. Quant aux prix affichés ici, ce sont des tarifs véhicule au barème AutoPASS, relevés chez la compagnie ; les passagers et les longueurs supérieures se comptent à part, et chaque fiche donne le détail.
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